Dans les coulisses d'une affaire non-équitable

Aux débuts de ce site, en 2004, nous avons découvert avec enthousiasme la conférence audio de Christian Jacquiau sur les coulisses de la grande distribution dont le livre éponyme est une source impressionnante de détails sur le fonctionnement de la grande distribution et ses conséquences plus ou moins visibles sur notre économie. Christian Jacquiau a publié par la suite un livre sur les coulisses du commerce équitable. Comme le précédent, c'est une enquête soigneuse et documentée qui a, sans aucun doute, été épluchée en son temps par les avocats de Max Havelaar, sans qu'ils ne trouvent matière à plainte.

Dernièrement Christian Jacquiau a accepté une interview au sujet de ce livre pour l'Echo des Savanes. Quelques jours plus tard, il a découvert avec surprise la publication de cette "interview". Le "journaliste" lui fait tenir des propos qu'il n'a jamais tenu ni lors de cet interview, ni dans son livre. Comme s'ils n'attendaient que cela, les dirigeants de Max Havelaar se sont servis de cette publication pour poursuivre Christian Jacquiau qui se retrouve dans un imbroglio juridique complètement ahurissant. Un comité de soutien s'est créé autour de cette affaire qui devient symptomatique des pratiques de certains industriels face à la presse alternative et aux journalistes/enquêteurs faisant un travail que bien de leurs confrères de la presse alignée ne fait plus.

On peut parler de Denis Robert qui a fini par gagner son procès contre Clearstream, mais il en existe d'autres comme Bertrand Gobin qui a enquêté sur la légion d'honneur attribuée à Édouard Leclerc dont le le rôle pendant la guerre de 40 lui a valu quelques démêles à la Libération. On peut parler aussi de Fakir qui soutient les gérants des petits Casino et se retrouve aux prises avec Naouri en personne.

Les industriels qui n'aiment pas qu'on vienne fourrer le nez dans leurs petites affaires dépensent des millions d'euros en budget publicitaire pour tenir en respect la presse alignée, cela leur permet de faire du chantage à la pub si un sujet les dérange. Mais comment faire avec cette presse alternative et active qui n'accepte pas la pub et dont la survie dépend de son lectorat ? C'est là qu'interviennent les bataillons d'avocats dont la mission est d'épuiser financièrement et psychologiquement les journalistes/enquêteurs au nez trop sensible.

Je crois sincèrement que la presse et les médias actuels ont atteint une limite de complaisance qui rend leurs publications plus proche de la propagande que de l'information. Si l'on souhaite encore avoir une presse alternative et active, il va falloir les soutenir que ce soit en les lisant et/ou en boycottant ceux qui les attaquent.

C'est ensemble - avec vous - que nous allons gagner ce combat pour la liberté de la presse, la libre expression des individus, pour le droit à la critique, contre la censure des puissants et du pouvoir de l'argent. Christian Jacquiau